13 janvier 2017 ~ 175 Commentaires

Communiqué des salarié-e-s de l’Ariam Ile-de-France

 

Nous avons la profonde tristesse de vous annoncer la suppression définitive de l’Ariam Ile-de-France et de ses activités. Cette décision nous a été évoquée le mardi 3 janvier 2017 puis confirmée oralement le 5 janvier, par Madame Agnès Evren, Vice-présidente chargée de l’éducation et de la culture au Conseil régional d’Ile-de-France — dont nous sommes un organisme culturel associé.

Ni l’Ariam, ni nos autres partenaires institutionnels, en particulier la DRAC Ile-de-France, n’ont été informés des menaces de liquidation qui pesaient sur notre structure. Cette annonce stupéfiante donne un coup d’arrêt brutal à un projet fort de 41 ans d’évolution et de réussites dans le domaine de l’enseignement, de l’éducation et des pratiques artistiques et culturelles.

Par l’ensemble de ses rencontres et formations, l’Ariam était devenue le lieu unique de convergence de tous les professionnels et de valorisation de toutes les innovations pédagogiques, de toutes les esthétiques favorisant le développement des pratiques artistiques pour le plus grand nombre de Franciliens.

Notre présence aux côtés des acteurs territoriaux permettait l’évolution des politiques culturelles. C’est la fin d’un travail au service des élus, présidents d’associations, directeurs de structures, enseignants, animateurs.

L’Ariam était, de plus, extrêmement investie dans la sécurisation des parcours professionnels des artistes et des pédagogues (conseils individuels, accompagnement et formation des candidats à la VAE, préparation aux concours de la fonction publique territoriale).

Les professionnels de toute l’Ile-de-France qui pouvaient partager, valoriser et faire circuler leurs expériences et réussites sur leurs territoires n’auront plus de lieu de référence et de ressources.

Animée par les valeurs et les missions de service public, l’Ariam avait toujours poursuivi l’ensemble de ces objectifs dans une totale neutralité politique. Sa gestion saine a été attestée par plusieurs audits. Nous pensions légitimement avoir les moyens de continuer à accompagner les collectivités territoriales, les professionnels, les structures et les réseaux qui sont engagés pour que l’art occupe une place fondamentale dans le développement de la société et de l’individu.

Aujourd’hui l’exécutif régional a décidé, d’un trait de plume, qu’il n’y aura plus d’Ariam en Ile-de-France.

À vous, publics et partenaires, souffle de l’Ariam, nous avons tant aimé vous recevoir lors de nos actions, partageant généreusement vos expériences artistiques et pédagogiques. Nous nous sommes constamment nourris de la qualité de nos échanges professionnels et sommes profondément reconnaissants de la confiance que vous nous avez accordée.

175 Réponses à “Communiqué des salarié-e-s de l’Ariam Ile-de-France”

  1. Enseignant la formation musicale depuis 20 ans dans différents CRD, j’ai constaté une très grande évolution des élèves. Grâce aux formations professionnelles toujours de qualité proposées par l’ARIAM, j’ai fait évoluer ma pédagogie pour répondre aux changements constatés sur le terrain.
    J’ai toujours trouvé en l’ARIAM un partenaire privilégié qui m’a accompagné tout au long de ma carrière professionnelle en m’aidant à réaliser mes projets de formation artistique et pédagogique :
    Un musicien qui évolue dans sa pratique et la renouvelle, nourri les contenus de son enseignement en lui apportant un souffle nouveau.
    Je remercie l’équipe de l’ARIAM pour son expertise car j’ai toujours trouvé des formations de qualité, ciblées sur des aspects musicaux que je souhaitais découvrir, développer ou approfondir. Il est certain que sans l’apport des rencontres de musiciens de renommée (Bruno Wilhelm, Guy Reibel, Denis Leloup,…) et imprégné de leur savoir-faire didactique, mon enseignement actuel serait cruellement appauvri. Pourtant, sans l’ARIAM, je ne sais pas si dans le futur, je pourrai continuer à suivre des formation de cette qualité.
    Dans sa mission de formation professionnelle continue, l’ARIAM permet de faire profiter de l’expérience artistique de nos créateurs contemporains au plus grand nombre puisqu’elle organise l​es​ rrencontres et échanges entre artistes et enseignants qui se trouvent sur le terrain. Pour cette raison, je ne comprends pas cette décision aussi subit que brutale de supprimer cet organe de la transmission et de la diffusion de la culture au plus grand nombre.
    Actuellement, la société évolue très vite et il est vital pour les établissement d’enseignement artistique de comprendre et de s’adapter à ces changements. En proposant des journées de rencontres et d’échanges sur différents aspects de des transformations des pratiques artistiques, l’ARIAM jouait encore un rôle fondamental : elle facilitait le partage d’expérience​s​ pédagogiques nouvelles.

    Avec la disparition de l’ARIAM, l’enseignement artistique se trouve privé de cet outil précieux pour la formation continue des professeurs. En effet, au delà ​de sa mission auprès des enseignants, l’ARIAM permettait au établissements d’enseignement artistiques de répondre au mieux à une politique de développement culturel adaptée à l’environnement dans lequel chacun d’eux se trouv​e​ implanté.

    Laurent Sahaï

  2. Je suis abasourdie… L’ARIAM a beaucoup compté pour moi, les stages et formations m’ont marquée durablement, parfois même pour la vie…
    Tout porte à croire que la casse systématique de la culture (en dehors des grands shows médiatiques auxquels ont consacre d’énormes budgets) est « en marche »…

  3. la FNAMI, Fédération Nationale des Musiciens Intervenants 20 janvier 2017 à 9 h 53 min

    Nous vous transmettons le courrier que nous adressons à Mme Evren et qui exprime notre désarrois face à cette annonce.
    La FNAMI

    Madame,

    En tant que Fédération Nationale des Musiciens Intervenants en Milieu Scolaire, nous souhaitons réagir à l’annonce de la disparition de l’ARIAM et à votre réponse à la pétition. En effet, l’ARIAM ne s’adresse pas qu’aux professeurs des conservatoires, mais à l’ensemble des professionnels de la culture et des collectivités territoriales dont les musiciens intervenants (MI) font partie. Les Musiciens Intervenants touchent chaque année en Ile-de-France plus de 650 000 enfants, et donc autant de familles.

    Conformément aux grandes orientations de la Région, vous indiquez vouloir rendre la culture accessible à tous et partout en Ile-de-France, mission qui est au cœur de notre métier puisque nous sommes missionnés par les collectivités pour intervenir dans les écoles, lieu unique de service public où l’on peut toucher tous les enfants.

    Par ailleurs, le très récent rapport interministériel sur les CFMI et le métier de MI a confirmé l’évolution et la diversification de nos fonctions dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle*.

    Cette évolution bien réelle de nos pratiques va de pair avec une formation continue, que nous réalisons avec assiduité.

    L’ARIAM, par la pertinence et la qualité de ses formations, constitue pour nous un lieu unique de ressources. Un nombre important de ses formations s’adresse précisément aux MI, toujours en lien avec l’évolution des pratiques et des enjeux de territoires.

    Nous soulignons un autre aspect qui nous est cher : celui des échanges rendus possibles par l’ARIAM, que ce soit au cours de formations ou bien à l’occasion de journées de concertation ou table-ronde. Régulièrement, nous avons besoin d’échanger avec d’autres professionnels et acteurs du secteur culturel, pour prendre en compte ce qui se fait ailleurs, ce qui fonctionne, pourquoi, comment.

    Certes, l’échelle locale est à privilégier pour les actions de terrain, mais la spécificité de nos besoins nécessite du personnel spécialisé, que l’ARIAM a su réunir au cours de nombreuses années d’expérience professionnelle. Du fait de leur expertise, c’est aujourd’hui, en Ile-de-France, l’organisme de formation le plus pertinent concernant l’enseignement artistique et l’accompagnement des pratiques amateurs.

    Pour toutes ces raisons, nous, membres de la Fnami, soutenons le maintien de l’ARIAM-Ile-de-France.

    *http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2016/20/1/2016-048_2016-12_CFMI_690201.pdf
    Extrait du rapport: « Les musiciens – intervenants sont également désormais recrutés par les conservatoires de musique pour exercer des tâches d’enseignement (éveil musical, formation musicale, musique d’ensemble, chant choral) et pour être les vecteurs de l’ouverture des conservatoires au partenariat avec les écoles et à la diversification des pratiques et des parcours pédagogiques. Certains musiciens – intervenants sont désormais appelés à coordonner des projets territoriaux d’éducation artistique et culturelle. »

    Pour voir le doc et le télécharger:
    https://docs.google.com/document/d/1CtbJTIPqiJj-Kun5wTmwvavr0XX4n5lkI3m5zAp8cPQ/edit

  4. Cefedem Auvergne Rhône-Alpes 19 janvier 2017 à 16 h 00 min

    Comme beaucoup nous voilà très meurtris par la nouvelle annoncée de la suppression de l’ARIAM d’ici fin 2017.
    Meurtris parce qu’avec la suppression de l’ARIAM, c’est un projet, une histoire, une équipe de personnes au service de la démocratie culturelle, qui se trouvent brutalement arrêtés ;
    Meurtris par la banalisation de ces façons de faire qui ne rendent pas justice à l’immense travail mené depuis 41 années par l’ARIAM.
    Cette décision prise, sans évaluation sérieuse de ses missions et de ses résultats tangibles, fait fi d’un argent public investi pendant des décennies.
    L’ARIAM, c’est un lieu porteur d’intérêt général ou l’on vient se ressourcer en particulier. C’est ce lien du particulier à l’intérêt général qui nous semble menacé par ce type de décision.
    L’ARIAM, c’est une bibliothèque vivante de pratiques, d’actions menées dans la culture pour épauler ce secteur à continuer à forger du sens. Aujourd’hui, cette bibliothèque, cette mémoire va être dispersée, diluée, annihilée.
    La collectivité « Région Ile de France » a bien sûr toute légitimité pour faire des choix politiques et prendre des orientations, des décisions. Il n’en reste pas moins que la façon dont ces orientations prises sont appliquées est en soi un projet de société. Les défis sociétaux qui nous attendent sont multiples alors que sont supprimés des lieux comme l’ARIAM qui investissent temps, énergie et compétences pour préserver et entretenir un tissu fragile. Cette écologie-là, ce souci du lien et du sens est pourtant fondamental pour la société.
    Pourquoi interdire à l’ARIAM de continuer à en prendre sa juste part, toute sa part ?

  5. Jean-Luc Degioanni 19 janvier 2017 à 13 h 23 min

    Au début, j’ai été étonné, puis outré…
    Désormais, je suis positionné pour entrevoir des perspectives plausibles :
    Johnny Haliday pensionnaire à la Villa Medicis et les œuvres complètes du général de Gaulle dans la Pléiade.

  6. FRYDIG Yù Marjorie 19 janvier 2017 à 12 h 34 min

    Découvrir en ce début d’année 2017 que l’ariam sera supprimée me paraît être un cauchemar invraisemblable et que je vais me réveiller en retrouvant cette structure incroyable qu’elle représente pour moi.

    Pour l’artiste-enseignante que je suis, l’Ariam a permis de contribuer à ce que je suis aujourd’hui: Elle a permis des rencontres pédagogiques riches, des formations variées et m’a permis d’appréhender de nouvelles pratiques pour les enseignements que je donne.

    Un artiste-enseignant qui ne se nourrit pas, qui ne se forme pas, qui ne rencontre pas d’autres enseignants et musiciens est un futur enseignant qui sera ennuyeux qui participe au déclin de l’enseignement.
    SUPPRIMER l’ARIAM c’est participer au déclin de l’enseignement, c’est supprimer la possibilité aux enseignants de continuer à évoluer.

    L’ariam a constitué une richesse inestimable dans mon approche musicale et dans mon enseignement, la supprimer d’un coup de baguette c’est pour moi non seulement incompréhensible mais c’est participer à une société de CONSOMMATION où l’art est un OBJET DE consommation, rien de plus.

    Yù Marjorie Frydig, professeur de chant, de fm et d’éveil à Serris (77) et à La GARENNE-COLOMBES (92)

  7. FRYDIG Yù Marjorie 19 janvier 2017 à 12 h 33 min

    J’espère que la décision quand à la suppression de l’Ariam puisse être changée car l’Ariam est une structure incroyable qui a contribué à être l’artiste enseignante que je suis aujourd’hui grâce à ces rencontres pédagogiques ou encore par les formations variées qu’elle propose…

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  10. Olivier-Jean Avondo 18 janvier 2017 à 12 h 39 min

    Décision brutale, stupéfiante et désolante, alors que l’Ariam accompagne tant de professionnels de la musique, de la danse et du théâtre depuis plus de quarante ans…

    C’est la honte – tous les mots pourraient y passer.

    La possibilité d’une telle décision et son exécution, ici, en Ile de France, et probablement dans d’autres régions me rend amer et triste.

    Vulnérables, il n’est pas dit que nous baisserons les bras.

    Olivier-Jean Avondo
    Directeur EMCormeilles en Parisis

  11. L’Ariam est un partenaire essentiel des structures musicales d’IDF, des pédagogues et des professionnels
    de la musique. elle a toujours inscrit son travail et ses propositions dans le concret de nos métiers.
    Pourquoi fermer ce bel outil? L’Ariam doit continuer à exister !!

  12. Marie-Claire Cottin 17 janvier 2017 à 15 h 45 min

    C’est honteux de traiter les gens de cette manière et c’est stupide comme décision. Elle va à l’encontre de toutes les avancées pédagogiques A l’heure actuelle

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  14. Très en colère devant un tel niveau de bêtise,d’ignorance et d’inélégance.
    Le gâchis est « proprement » phénoménal.

    Bernadette, Denis, Judith, Arnaud, Alain … , rien, ni personne ne pourra empêcher de germer tout ce que vous vous êtes employés à semer.
    Avec conviction,intégrité et altérité.

    Merci très sincèrement pour ces nombreuses années de soutien,de partage et d’échanges passionnants.

    Bien heureusement, s’il est bien une chose que l’on ne pourra vous retirer, c’est bien votre intelligence du coeur.

    Je vous embrasse.

    Yann TENDERO, Directeur CRD Musique et Danse d’Aurillac

  15. La démonstration des effets du manque de culture !

    Impossible de ne pas me joindre à vos commentaires de sidération, d’indignation et de colère.
    Ce qui est clairement en question dans cette décision, outre la violence de son annonce, c’est bien celle de la place de la culture dans un projet de société.
    Peut-être qu’une telle décision servira à montrer (s’il en est besoin) le vrai visage des acteurs de cette décision:
    Un tel acte par son arbitraire, sa brutalité et(à l’évidence) l’ignorance du rôle de l’ARIAM et du formidable mouvement d’échanges et d’enrichissement de tous les acteurs culturels avec lesquels l’ARIAM était en relation, est la démonstration exacte des effets du manque de culture!

  16. Valérie Jacquet-Betmalle 16 janvier 2017 à 21 h 26 min

    Encore un exemple où l’économique prime sur l’humain, où la culture est sacrifiée! Quelle tristesse de constater ce que les détenteurs du pouvoir économique et les décideurs font de ce pays, jadis cité en exemple dans toute l’Europe et au-delà des frontières du vieux continent comme un modèle de culture, d’histoire et de savoir-faire!

  17. Ce sont des comportements de voyous, dignes de nos amis du CAC 40 ! mais là, ce sont des élus, des personnes qui nous représentent, que nous avons élu (enfin pas moi en tout cas !) A quel monde sommes-nous contraints d’espérer avec de telles politiques ? un monde sans impertinence, sans création, sans poésie, sans partages, sans transmissions : inadmissible que des élus portent de tels coups au patrimoine commun ! De quel droit ?! Si nous ne sommes pas vigilants, tout ce que nous avons construits ensemble va se liquéfier : attention, parce qu’il n’y aura pas de seconde chance au grattage….


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